Entretien avec Nadine Shenkar

La question intellectuelle et l'avenir

Giancarlo Calciolari   Bonjour à Nadine Shenkar, experte de la Kabbalah et de l’art, que nous avons rencontrée d’autres fois, même avec l’occasion de la sortie de certains de ses livres. Commençons par poser une question actuelle.

Voici la formule : l’envie du juif est assumée par les propalestiniens pour renverser contre lui l’accusation de génocide et aussi celle de nazisme. Parmi les théoriciens de cette — par ironie - courante du saut quantique de l’antisémitisme à l’antisionisme, qui est employé pour alléger l’accusation de nazisme qu’ils se proposent dans cette opération, et bien avant le 7 octobre 2023, il y a les ouvrages d’Edward Saïd : c’est ça qu’ils proposent, le renversement du nazisme et de la Shoah. D’où l’accusation de génocide à la réponse militaire de l’État israélien au massacre du 7 octobre 2023 par Hamas.

Et ça, c’étaient des remarques que j’ai reçues en lisant le mathématicien et histories de la science qui étaient Giorgio Israel en Italie, à l’université à Rome. Or, dans le fond aussi de la casserole, il y a l’Urkommunismus auquel l’ami Armando Verdiglione a dédié un livre d’analyse, qui est très intéressant même pour lire ce qui est en train de se passer sur la planète.

Je vous passe la parole et merci d’être avec moi ici pour ce témoignage.

 

Nadine Shenkar   Bonjour Giancarlo. Je crois que pour donner un témoignage, il faudrait d’abord expliquer peut-être deux choses fondamentales à mon avis. C’est d’abord de lire le Coran, c’est une chose fondamentale. Ça paraît très bizarre, mais c’est fondamental. Le Coran est un livre non seulement simpliste et très violent et très primitif, mais il y a quelque chose là-dedans, il y a des sourates qui donnent le droit, qui conseillent, qui encouragent le musulman à mentir à tous les gens qui ne sont pas musulmans et qui sont des infidèles. Donc, c’est une vertu de mentir.

De là, on peut expliquer la propagande gigantesque organisée par l’argent, les millions et les millions du Qatar, qui payent des spécialistes dans le monde entier, d’ailleurs des spécialistes souvent occidentaux, pour justement fabriquer une propagande absolument antisémite et anti-israélienne. Vous avez très bien vu que ce n’est pas un miracle, ce n’est pas un miracle que d’un seul coup les universités américaines ont été envahies par les manifestations et les drapeaux palestiniens, ont été occupées avec des tentes par tous ces manifestants et quelques journalistes ont prouvé que la moitié de ces gens-là étaient payés par le Qatar et n’étaient pas du tout des étudiants des universités.

Donc, vous voyez déjà que nous avons affaire ici à quelque chose de totalement organisé. Ce n’est pas tout à coup que le lendemain du 7 octobre les choses se sont précipitées, ce n’est pas du tout ça. C’était déjà préparé bien à l’avance. Seulement, nous avons un autre problème en même temps, c’est que l’Occident, qui malheureusement est envahi absolument par les musulmans et des millions d’immigrés — mais surtout par les musulmans — le problème c’est qu’il y a une gauche en Europe qui est extrêmement wokiste, c’est-à-dire qu’ils ne reconnaissent ni la vérité, ni l’authenticité des faits, ni la démocratie, rien du tout. Ce sont des gens finalement qui sont totalement soumis à l’esprit islamiste, d’où le fait maintenant qu’on les appelle les islamo-gauchistes. Donc, ce qu’on a nous observé ici en Israël, et ce qui nous a fait beaucoup de peine d’ailleurs, c’est qu’une partie de l’Occident totalement obsédée par la propagande musulmane s’en est donnée à cœur joie.

On n’a jamais vu ça. À Londres, en Espagne particulièrement, mais en France, aux États-Unis, partout dans toutes les villes, au Canada, en Australie, des défilés gigantesques avec des drapeaux palestiniens d’un pays qui n’existe pas. Il n’existe pas. Il n’y a pas de pays reconnu à l’ONU de Palestine. Et défilant dans les rues avec des hurlements et des slogans contre Israël, tout ça est une propagande organisée absolument malade, délirante, et finalement qui a fait énormément de mal. Donc, voilà en partie la réaction qu’on avait quand on a vu ce qui se passait avec cette espèce de mariage absurde de l’Occident et de l’islam.

 

Giancarlo Calciolari   Oui, la question se pose de comment suivre dans les chemins intellectuels. C’est-à-dire, je la pose avec des petits et pour moi grands souvenirs. La bataille a été faite par Verdiglione pour faire des congrès internationaux. On l’a fait à Jérusalem, on l’a fait à Tokyo, à New York, à Paris, à Saint-Pétersbourg, où il y a eu des petits moments, 3-4 ans, qu’il a été possible. Et comment aujourd’hui intervenir ? Ça serait à relancer d’une autre façon. La question, c’est de convoquer des intellectuels de tous les secteurs à parler autour de ça. C’est parce que chacun reste dans sa tanière, que c’est possible la promotion faite par le Qatar, par l’Iran et d’autres encore, et qu’il ait cette force.

 Comment les Occidentaux, les Européens, se sont aussi pliés à cette énorme vague de fake news ?

 

Nadine Shenkar   Alors là, la réponse est très simple. Il est évident, on ne peut pas le nier, que la plupart des intellectuels les plus célèbres — comme à Vienne, la veille de la guerre, la veille de la Première Guerre, de la Deuxième Guerre mondiale — il est évident que la plupart des intellectuels très connus et célèbres, les intellectuels américains, les professeurs d’université à Princeton, Harvard, des savants, etc., sont tous des Juifs. Donc déjà, il y a un problème très simple qui date depuis des siècles : c’est une immense jalousie envers le succès de ce peuple qui compte 14 millions en tout, qui est tout petit et qui réussit partout. Donc c’est déjà un problème, étant donné que ce peuple est habité par le désir de l’excellence.

Mais il y a quand même un autre facteur, c’est que — ne l’oublions pas — l’Europe est tout de même marquée gravement par la Shoah. Il ne faut pas l'oublier. Donc la Shoah, qui fut un génocide gratuit de 6 millions de Juifs tués — femmes, enfants, hommes, vieillards, etc. — pour rien, de gens qui n’étaient pas mêlés à la guerre, qui n’ont rien fait et qu’on a cherché dans tous les recoins de l’Europe. Donc plus ou moins tout le monde y a participé, a trouvé des Juifs, les a dénoncés, etc. Donc pour effacer ce tourment, cette obsession, cette responsabilité de la Shoah, il est très habile de crier au génocide. Donc on comprend très bien à ce moment-là que d’un côté l’Occident — une partie de l’Occident, le peuple, il y a des gens qui sont restés très fidèles à Israël — mais la conjonction de l’Islam et de l’Europe pour ce génocide, qui n’en était pas un d’ailleurs, nullement, puisqu’il faut quand même rétablir la vérité : la propagande du Hamas orchestrée par le Qatar, parle de 70 000 et 80 000 et 100 000 morts et des civils, tout ça est un mensonge éhonté. Pour la bonne raison que d’abord les Juifs ont une éthique ; deuxièmement l’armée d’Israël est la plus éthique des armées du monde, ce n’est pas moi qui le dis, ce sont des généraux anglais et étrangers.

Donc, étant donné que le Hamas se sert de ses civils comme boucliers, c’est-à-dire qu’il opère à partir d’écoles, de mosquées, d’hôpitaux, les milliers de kilomètres de tunnels partent des hôpitaux, des écoles d’enfants, des maisons privées et des mosquées. Comment voulez-vous mener une guerre contre des terroristes, une guerre de rue, parce que Gaza c’est une ville, ce n’est pas un territoire immense comme l’Iran ? Donc, comment voulez-vous que l’armée israélienne tue des terroristes sans jamais toucher un civil ? Donc, il y a eu des civils qui sont morts certes, mais ceux qui ont été tués — et je prends les chiffres du Hamas, pas ceux de l’armée israélienne, parce que ceux du Hamas sont exagérés de 10 ou 15 ou 20 % — 50 000 terroristes du Hamas ont été tués par l’armée israélienne.

Mais les 2 millions de Gazaouis sont toujours vivants. La preuve — il n’est même pas la peine de se casser la tête — la preuve : dans toutes les télévisions du monde, on a bien vu les Gazaouis courir d’un endroit à l’autre, chercher des abris, changer de ville et de territoire pour éviter les endroits de la guerre. Donc, les Gazaouis sont vivants. Quand on a rendu les otages — surtout les premières fois, où ils faisaient ces espèces de démonstrations ridicules avec une cérémonie pour rendre les otages, on les rend discrètement — on voyait bien sur les télévisions que tous les gens étaient bel et bien vivants, qu’ils avaient des téléphones portables, qu’ils étaient bien habillés. Donc, les Gazaouis n’étaient sûrement pas ce qu’on décrit en Occident. C’est une propagande vulgaire et lamentable du Qatar, du Hamas, de l’Iran, etc.

Pour vous dire que finalement, il n’y a jamais eu, heureusement, de génocide à Gaza. Et encore pour l’instant, tenez-vous bien, les Gazaouis sont toujours vivants, mais il y a encore 20 à 25 000 terroristes qui se promènent encore à Gaza, qui oppriment leur peuple, qui leur volent la nourriture, qui les tuent eux-mêmes, qui les fusillent quand ils ne sont pas d’accord avec eux, comme en Iran aujourd’hui. Donc, ne nous étonnons pas de ces vérités.

Voilà pour le génocide. Le génocide est orchestré par l’histoire, par la culpabilité effroyable de l’Occident pour la Shoah, et évidemment, on a enfourché le cheval avec les musulmans, le Qatar. Dans le monde entier, c’est facile de crier au génocide.

Il y a une troisième raison qui me paraît encore plus décisive, c’est le fait, à mon avis — j’habite plus là-bas depuis longtemps, j’ai quitté l'Europe depuis longtemps — mais il me semble que l’Occident est tombé dans un mondialisme, dans une déliquescence. Il n’y a plus de valeurs en Occident. C’est pour ça que les islamistes installent et installent des milliers de mosquées. Il n’y a plus vraiment de valeurs en Occident. L’Occident n’est pas en bon état. Et c’est pour cela que tous les gens cherchent une cause, comme le Mélenchon et la gauche de Mélenchon, LFI, et comme les envois de flottilles avec ces jeunes qui veulent arriver à Gaza pour apporter je ne sais pas quoi.

C’est complètement ridicule. Ce n’est pas une flottille qui va apporter trois cigarettes et deux concombres à Gaza. Voyons, c’est ridicule. Tout ça, vous vous rendez compte que ce sont des gens comme Greta la fameuse Greta la jeune et compagnie, ce sont des gens qui cherchent une cause. Ils n’ont pas de cause. Et alors aujourd’hui, sortir avec un drapeau en Espagne, au Canada, en France, partout, et crier — en Belgique — crier au génocide, etc., à libérer la Palestine, ça y est, on a trouvé une cause.

Maintenant, on sait pourquoi se battre, on sait pourquoi monter sur les barricades, et c’est clair. Donc, je vous ai donné trois raisons. La responsabilité de la Shoah en Europe, la propagande éhontée, mensongère, le délire musulman habituel — ça c’est typique des musulmans, ils vont vous dire il y a 200 000 morts. C’est du n’importe quoi. Comme d’habitude, c’est écrit dans le Coran, noir sur blanc, le mensonge éhonté. Et la troisième raison, c’est que l’Occident, à mon avis, actuellement, les jeunes recherchent une cause.

Ils n’ont pas de cause, et ils s’agrippent à une cause. La mondialisation, les médias, les réseaux sociaux ont détruit, ont détruit complètement la responsabilité. C’est ça qui est terrible, n’importe qui sort avec des drapeaux. Mais la chose qui nous choque, nous, en Israël, c’est comment la France, l’Espagne, la Belgique, Montréal — comment ces pays acceptent de voir ces défilés de gens avec des drapeaux qui ne sont pas les leurs ? On n’a jamais vu les drapeaux français, ni les drapeaux canadiens, ni les drapeaux américains, ni les drapeaux espagnols. Toujours le drapeau des terroristes dans les rues.

Libérer la Palestine. Mais la Palestine n’existe pas. Gaza n’est pas la Palestine. Gaza, c’est Gaza. C’est une bande de terre au bord de la mer. Point final. Alors, ça fait 4 000 ans que les Juifs habitent leur terre, la terre d’Israël. Toute la Bible hébraïque et même les Évangiles et même le Coran reconnaissent que cette terre date de 4 000 ans. Alors, quelle est la Palestine ? Remontons maintenant aux années 50. Le KGB a créé de toutes pièces le mythe palestinien pour que les Arabes, tous les Arabes dans le monde, aient une cause commune et pour ennuyer les Américains. La création de cette idée, c’est une idée qui vient du KGB. Ne l’oublions pas.

Alors, par exemple, Arafat était né en Égypte. La fille qui se bat dans LFI, qui est tellement connue maintenant avec ses foulards et ses keffiehs, Rima Hassan. Elle n’est jamais née en Palestine. Elle n’est jamais née en Israël, voyons. Alors, de quoi parle-t-on ? Tous ces gens-là n’ont strictement aucune idée de la carte. La carte, la carte. Gaza, c’est Gaza. Les Philistins, à l’époque de la Bible, habitaient à Gaza — les Philistins. Donc Gaza, c’est une bande de terre. Maintenant, quant aux Arabes — les 2 millions qui habitent en Cisjordanie, à Ramallah et à Tulkarem et à Sichem et compagnie — ils habitent en réalité, il faut dire la vérité, sur un morceau de terre hébraïque que les Anglais, qui sont complètement fous, ont donné.

Ils ont découpé une enclave qui s’appelle la Cisjordanie, actuellement. C’est le nouveau nom qu’on a donné, mais en réalité, c’est la Judée-Samarie biblique. Bethléem, c’est la ville où est né le roi David.  Sichem, c’est la ville où a été enterré Yossef. Hébron, c’est la ville où les patriarches — Abraham, Isaac et Jacob — sont enterrés avec leurs femmes. Quelle est la terre que les Juifs leur ont volée, je voudrais comprendre ? Israël est un pays minuscule qu’on ne voit même pas sur la carte. J’irais à la question d’Europe. Il me semble qu’il y a — comment dire — quel est le cerveau européen aujourd’hui qui semble ramolli ?

 

Giancarlo Calciolari   C’est une stratégie. Ce n’est pas que l’oligarchie européenne, avec toutes ses différences, soit surprise par tout ce mouvement piloté au commencement aussi par le KGB, par le Qatar, par l’Iran et d’autres. Je viens à la question, si j’arrive à la poser. Ce n’est pas simple. C’est-à-dire qu’ils sont bien d’accord, peut-être pour des calculs qui après vont se trouver erronés pour eux-mêmes. Mais pour entendre : ils sont d’accord, et le Mufti de Jérusalem a été d’accord avec Hitler. Exactement. Je ne dirais pas seulement que l’Occident est envahi par soi-même en tant qu’il a toute cette drôle d’éducation qui est anti-occidental. Chacun aujourd’hui, et même en Italie, la grande masse est contre l’Occident et contre soi-même.

Ils sont dans l’odium sui, dans la haine de soi.

 

Nadine Shenkar    Bien sûr, c’est le wokisme. Ils sont contre eux-mêmes. Ils sont pour la disparition des pays, des nations, de tout. Ils sont pour une mondialisation stupide générale, mais c’est ridicule. Quand les Arabes envahissent l’Occident, ils construisent leurs mosquées, ils installent leurs imams, ils font leur propagande, ils installent leur nourriture halal dans les écoles, ils obligent les élèves à porter le voile alors que c’est interdit en France, etc. Donc, l’Occident refuse son identité et l’identité musulmane s’impose dans toute l’Europe.

 

Giancarlo Calciolari   Mais, c’est parce que les oligarchies pensent de gagner en acceptant ça ou non ? Ou c’est un conflit qu’on ne comprend pas ? Je n’arrive pas à voir les oligarchies simplement comme des démons. Peut-être qu’ils sont en train de s’échapper à la vie, ils sont en train de couper la branche de l’arbre sous laquelle ils sont, mais il faudrait l'entendre comment ça marche ces choses. C’est-à-dire, c’est impossible qu’il n’y ait pas quelqu'un qui gagne beaucoup dans cette histoire, même si seulement à très bref terme. Non ? Non pas seulement la fabrique des armes, par exemple. Il faut l’intellectualité, c’est ce que j’ai bien apprécié. Même moi, je l’ai écrit plusieurs fois : Il faut que les islamiques se mettaient à lire le Coran aussi.

 

Nadine Shenkar   Oui, voilà. Mais malheureusement les musulmans ne lisent pas le Coran et ne l’étudient pas. Ce n’est pas du tout comme les juifs qui font tout le temps de la Parashat ha-Shavùa et de l’interprétation permanente de tous les textes depuis 4 000 ans. Non, pas du tout. Ils ne lisent pas le Coran. Dans les mosquées, le vendredi, les imams fanatiques leur expliquent qu’il faut tuer les juifs, qu’il faut libérer la Palestine qui n’existe pas. Ils leur bourrent la tête du djihad. Quand un enfant de 17 ou 18 ans doit se faire tuer, c’est très bien parce qu’il ira au paradis directement avec les 72 vierges et le vin qui coule.

Donc, les mères de Gaza qui voient leur fils mort parce qu’ils ont lancé des bombes, etc., elles sortent des gâteaux et des friandises et les offrent à toutes les familles autour, de joie, de joie de voir que leur fils est mort.

 Écoutez, il y a dans l’islam un goût de la mort. C’est une religion mortifère. Le Coran est un livre mortifère. La vie sur terre n’a aucun sens. Ce qui compte dans le Coran, c’est la mort, car dans la mort vous allez réaliser les rêves d’Allah et les ordres d’Allah.

Dans la vie, ça ne compte pas. Faites-vous tuer pour le Soudan, et pour la Libye, et pour Daech, et pour l’ISIS. Aucune importance. La question c’est : vous êtes un Shahid et Allah vous récompensera. On est là dans un délire, dans un délire coranique. Mais la question la plus grave ce n’est pas ça. Il y a bientôt deux milliards de musulmans au monde. Deux milliards. Bon, dans ces deux milliards il y a des musulmans très normaux qui ont étudié, qui ont fait des études à l’université, qui sont des gens très bien et qui ne lisent pas le Coran. Moi j’ai des tas d’amis qui ne lisent jamais le Coran et qui ne s’occupent pas de ce Coran.

Ils ne sont pas religieux et ce sont des gens comme vous et moi tout à fait normaux. Malheureusement, sur les deux milliards — comme a dit une femme musulmane à l’université de Harvard un jour dans un débat, elle a dit à une femme qui avait un voile et qui répétait les choses habituelles, elle lui dit : « Mais Madame, s’il y a seulement 300 millions de musulmans terroristes fanatiques et djihadistes, ça suffit pour mettre le monde dans le chaos le plus absolu ». Ce n’est pas compliqué. Tout le monde n’est pas comme ça, mais il suffit de 300 millions. C’est ce qui arrive.

Regardez l’Iran. Regardez l’Iran ces jours-ci, on ne sait pas s’il y a 2 000 morts ou 12 000 morts, on ne sait pas parce qu’il n’y a pas d'internet. Mais, moi je voudrais poser une question, personne ne me répond à cette question : pourquoi est-ce que tout l’Occident et toute l’Europe surtout se tait ? Aucune compassion, rien pour les Iraniens qui meurent, rien contre ce régime abject des ayatollahs. Moi je me rappelle, j’habitais encore en France, j’habitais tout près de Neauphle-le-Château. À Neauphle-le-Château habitait Khomeini. C’est la France qui lui a permis de faire sa propagande et c’est la France qui l’a mis sur l’avion d’Air France pour l’emmener en Iran. Donc la France est responsable de ces mollahs et de ces ayatollahs. La question c’est pourquoi ? Moi je n’ai pas de réponse.

 

Giancarlo Calciolari   Moi j’essaierai de répondre. Pourquoi toute cette majorité, ou communiste ou de la pensée gauchiste, qui est un mélange qui prend même toutes les études américaines, les études de genre, les études décoloniales et tout ça ? Il y a la question pour l’Occidentaux d’une culpabilité infinie, qu’ils préfèrent rejeter et pâlir face à la Shoah, face à 6 millions de morts, avec tout le négationnisme qui est toujours massif. Il y a une autre question, c’est qu’ils retiennent d’avoir perdu la guerre face aux Américains, qui pour eux ne sont pas venus ici à les libérer : ils sont venus à occuper. Et donc pour être contre les États-Unis, les Européens se condamnent à laisser faire tout ce qu'est en train de faire la répression iranienne aussi.

 

Nadine Shenkar   Bravo. C’est la vérité. Cette idée fondamentale, c’est le rejet des Américains et la haine des Américains — qui sont quand même venus les libérer — qui obsède les Européens. C’est la vérité. C’est une grande idée ça.

 

Giancarlo Calciolari   Alors un détail : moi aussi j’ai vécu des années en France, j’ai vécu 13 ans à Paris. Or, en plus, le français c’est ma deuxième langue : j’écris en français, je rêve en français. Elle est belle la France, elle est très belle, c’est un très beau pays. Et je ne suis pas dans la fascination : c’est l’intérêt intellectuel, c’est l’intérêt de l’art, de la culture. Je reste un poseur de questions.

Je me suis aperçu d’une chose très drôle parce que j’ai cru parfois qu’il y avait des grands intellectuels français et qui comprenaient très bien pourquoi l’intellectualité française… Je te pose une question parce que ça concerne même la question de comment lire la question juive — pas des juifs, la question juive aussi. Oui parce que la question des juifs ça devient une question sociale, ça devient l’antisémitisme. Mais même là, il y a un truc très vicieux, ancien, il a 500 ans au moins, même plus.

Et c’est ça. Moi j’ai vu qu’ils lisaient très bien ce que faisaient les États-Unis. Chaque pays, on peut les renverser, on arrive à l’esprit de Giordano Bruno, à Armando Verdiglione à Nadine Shenkar. On renverse tout, on renverse. Mais comment ils comprenaient aussi bien les États-Unis ? Après je me suis aperçu : comment ils croient qu’on est pareils ? Comment aujourd’hui je peux le dire que « Le Monde Diplomatique », « Le Monde » sont non seulement hyper-crypto-communistes, mais aussi marxistes, parce que pour être marxiste, il suffit de ne pas lire Marx, et de s’arrêter à Althusser ?

Moi, j’ai lu Marx et je ne suis pas marxiste. J’ai lu Freud et je ne suis pas freudien, et tout ça. J’ai lu Heidegger et je ne suis pas du tout heideggérien. Mais il y a ça : ils y arrivent à lire la mouvance américaine, parce qu’il y a une histoire ancienne, parce que l’Europe, on ne peut pas la renfermer dans ses racines avec tous les débats autour des racines. Non, il y a eu même Charles Magne il a eu un fils qui est devenu de la branche française, l’autre est devenu de la branche allemande. Il y a eu cette guerre entre frères qu’on ne reconnaît plus. Une partie des Allemands, ils deviennent anglo-saxons, ils vont là. Les Anglais, ils vont envoyer au-delà de l’Atlantique ses milliers d’incarcérés et ainsi toute l’Europe, avec mille d’autres prétextes pour le voyage. À la base, ce sont les mêmes acteurs de deux guerres mondiales.

Donc, ce sont ces batailles-là qui font que l’ex-empire français regarde encore avec envie l’ex-empire anglais et donc il arrive à faire cette analyse des États-Unis qui semble faite au microscope. Et au microscope j’ai fait la même analyse de l’Allemagne, de l’Italie, de l’Espagne et bien d’autres. Donc, qu’est-ce qu’il reste ? Que l’on n’est pas sortis de l’auberge.

Il y a la chasse aux sorcières que je n’ai jamais digérée, et avant, en 1348, la grande peste. Les semeurs de peste étaient censés être les juifs par tout le monde. C’est une guerre qui ne finit plus. Et j’arrive à lire pourquoi les accusations contre les femmes et contre les Juifs.

Alors : qui était antisémite avant le 7 octobre 2023 ? Les mêmes qui aujourd’hui sont pro Palestine.

Nadine Shenkar   Mais ça fait 2 000 ans qu’il y a des antisémites, ce n’est pas nouveau !

Mais c’est facile à comprendre ça. Au moment où l’Église a décidé et a écrit « Verus Israel », les juifs sont des gens à mettre dans un musée, ils n’existent plus. Il n’y a que l’Église qui a raison et qui se répand dans le monde, et le christianisme fait des millions d’adeptes. La naissance de l’antisémitisme, c’est d’abord et avant tout le fait que le christianisme — malheureusement je pense — a forgé son histoire sur la terre d’Israël, s’est collé à la Bible hébraïque. C’est une très grave erreur parce qu’il n’y a strictement rien de commun entre les deux. Il n’y a rien de commun entre la Bible hébraïque, 3 500 pages de génie, avec les Évangiles, il n’y a rien de commun. Pour les juifs, je le dit franchement, le christianisme c’est un retour une forme de retour au paganisme, avec un homme fait Dieu, comme tous les mythes anciens.

Alors, comment veux-tu que les chrétiens — l’Église surtout, mais les chrétiens — aiment les juifs ? Ils ne les aiment pas du tout parce que pour eux ce sont les pires ennemis. C’est eux qui sont le peuple déicide — alors que ce sont les Romains, si jamais il a existé, ce qui n’est pas prouvé historiquement, ce sont les Romains qui ont crucifié Jésus, s’il a existé. Ensuite, les juifs n’ont jamais crucifié personne parce que c’est un supplice romain. Donc, ils ont jeté, ils ont mis sur le peuple juif cette phrase de déicide et ça fait 2 000 ans qu’elle le suit. Je vais te donner un exemple : il y a Varsovie aujourd’hui, il n’y a plus de juifs à Varsovie en Pologne.

Il y a à Varsovie une radio d’un journaliste qui passe sa journée à tenir des propos antisémites, mais il n’y a pas de juifs en Pologne et ça continue, ça continue, tu ne peux pas empêcher, c’est terrible cette histoire. Il y a 2 000 ans, 2 000 ans d’antisémitisme qui a été orchestré par l’Église. Bon, et maintenant, dans des petites villes de France, des petites villes, tu le retrouves toujours, il ne faut pas non plus oublier celui-là. Donc, si les uns sont antisémites à cause de la religion et si chez les musulmans le Coran leur dit qu’il faut tuer les juifs et les chrétiens — tous les infidèles — un plus un égal deux. Les uns et les autres ont un passé et une raison et des livres : les Évangiles — « son sang retombera sur toi et sur vos enfants » — et le Coran tuera tous les juifs et tuera tous les chrétiens et les infidèles. Fais le compte, c’est tout.

Comment veux-tu qu’on s’occupe de ça ? Comment veux-tu qu’on règle ce problème ? On ne peut pas le régler.

 

Giancarlo Calciolari   Mais, c’est pour cela qu'il faut qu'arrivent au débat ces questions.

 

Nadine Shenkar   Mais, il ne peut pas y avoir de débat quand il y a le wokisme. Le wokisme c’est le contraire du débat.

 

Giancarlo Calciolari   Je peux dire simplement, qu’il a été attaqué seulement pour être vivant, Armando Verdiglione, qui a commencé avec ces congrès internationaux qui ont eu un écho formidable il y a cinquante ans. Il y a aussi cette société qui n’aime pas les intellectuels et le débat.

C’est-à-dire qu’il y avait une pointe d’intellectualité autour de toutes ces questions dans la planète. Ce n’est pas une question de province italienne, bien que se n’est occupée la province italienne à neutraliser la Deuxième renaissance, à renfermer Armando Verdiglione, à faire de façon à ce qu’il ne puisse pas parler.

Avec le wokisme quiconque peut intervenir dans un congrès et sembler intelligent. Ici, en Italie aujourd’hui, il y a desdits intellectuels qui parlent et qui disent des choses absolument vides. Il n’y a pas d’intellectualité. Il y a l’observation, le point de vue et tout chacun se tient à la langue fondamentale pour avoir le succès. Ils deviennent des experts de lieux communs.

Ils sont tous dans cette théorisation occidentale anti-occidentale. Il y a 50 ans, ils ne parlaient pas comme ça.

 

Nadine Shenkar   Oui, mais Giancarlo, ce qui s’est passé — moi je me souviens parce que j’étais 10 ans, entre 2000 et 2010, aux congrès à Milan d’Armando Verdiglione. C’étaient des congrès fantastiques où se réunissaient des gens de tous les pays du monde. Mais quels gens ? C’était tous — rappelle-toi — de Cuba, de Russie, d’Iran, d’Espagne, de partout. C’étaient tous des gens qui sont des « marginaux », des gens qui sont contre.

Tous les gens qu’il faisait venir étaient des gens qui n’étaient pas dans la ligne habituelle. Donc, tu t’imagines que les imbéciles des wokistes détestent ces gens. Ils nous détestent tous. Tous les gens qui venaient raconter ce qui se passait en Russie — les Russes qui racontaient la vérité — les Cubains qui… Je me rappelle des poètes cubains qui venaient, qui habitaient à Miami, qui étaient en exil. Donc, tous les gens qui venaient finalement au congrès de Verdiglione étaient des gens qui étaient contre l’establishment.

 

Giancarlo Calciolari   Il y en avaient de très connus quand même, il y a eu Vladimir Bukovsky…

 

Nadine Shenkar   Mais oui, mais c’est ça, c’est ça qui est extraordinaire et je pense que la jalousie, la jalousie des imbéciles dans tous les pays, dans tous les pays, la jalousie, l’envie, a fait que le gouvernement s’est mis contre Verdiglione, alors que ce qu’a fait Verdiglione était une expérience fantastique.

Et peur même de la nouveauté, peur que des intellectuels s’assemblent. Voilà, c’est ça, c’est le courage de Verdiglione. C’est l’intellectualité et la question de la peur.  Étant donné que c’est la peur de la parole : il y a d’un côté, entre guillemets, côté homme, c’est la peur de l’intellectualité, côté femme, c’est le renforcement des femmes.

Donc finalement, à mon avis, le mérite et le courage de Verdiglione c’était d’avoir invité pendant 50 ans les plus grands dissidents, les plus célèbres, les plus grands dissidents dans le monde. Et ça, ça a rendu fous les imbéciles, les wokistes, les islamo-gauchistes et compagnie.

Giancarlo Calciolari   Alors, il faut continuer dans les débats, dans l’écriture, dans le témoignage civil. Mais qui se couvre de la peur pour ne pas parler, ils croient de s’en sortir, mais ils sont déjà morts, c’est ça la question.

Nadine Shenkar   Mais tu sais Giancarlo, il y a une question qui me dérange énormément. Le wokisme qui est né en Amérique, mais il est venu de France avec Foucault, Derrida et Sartre …………. Le wokisme qui met l’accent sur le genre et le transgenre et compagnie, mais surtout sur un autre aspect : c’est que l’homme blanc a colonisé soi-disant le monde et les autres sont des victimes. Les musulmans, les arabes et tous sont de pauvres victimes.

En réalité, regarde comme c’est faux cette affaire : les musulmans, depuis le VIIe siècle où Mahomet était à Médine, depuis ce jour-là jusqu’à aujourd’hui, les musulmans ont conquis 60 pays par l’épée. Ils ont chassé tous les Berbères et les Kabyles et les Juifs de tous leurs pays. Ils ont chassé les Chinois d’Indonésie. Compte le nombre de pays que les musulmans ont colonisés : c’est 60 pays. L’Égypte, la Libye, l’Afrique du Nord, l’Indonésie… mais tu peux faire la liste de tout, il y en a 60. Je les ai mis sur YouTube : 60 pays colonisés. Les plus grands colonisateurs du monde ne sont pas les Anglais, ne sont pas les Français.

Les plus grands colonisateurs du monde sont les musulmans parce que dans le Coran il est écrit : « Vous devez transformer la planète, Terre entière, vous devez la transformer en une religion musulmane internationale ». C’est ça le commandement du Coran, mais personne ne lit le Coran. Allah dit à ses fidèles : « Vous devez conquérir le monde ». Regarde un peu Soliman le Magnifique. Bon, Soliman le Magnifique tous les deux ans il partait en guerre, il est arrivé, il a pris l’Afrique du Nord, il a pris la Grèce, il a pris Rhodes, il est arrivé à Vienne, il a pris Budapest — mais c’est écrit dans son histoire, ce sont des conquérants sans pitié. Et l’Occident se ferme les yeux : les plus grands criminels, les plus grands conquérants sont les musulmans.

Il y en a marre de se taire, il faut dire la vérité : ce n’est pas les occidentaux, ce sont les musulmans qui sont des conquérants.

 

Giancarlo Calciolari   Alors une autre question démesurée, c’est la peur. La peur. Je me rappelle cette question qui à l’époque pour moi était particulièrement drôle : pourquoi pactiser avec les terroristes ? En lisant des pactes fait pour n’avoir pas d’actes terroristes… Soit la France soit l’Italie ont payé, ils ont libéré, ils ont aidé, pour ne pas avoir d’actes terroristes islamiques. Alors si nous payons pour ça, nous avons peur.

 

Nadine Shenkar   Tu as raison, ils sont tenus par la peur, c’est ça le problème, ils sont tenus par la peur. Moi je sais que quand j’ai fait des émissions sur « Mosaïque », que tu as peut-être vues, tous les gens qui ont écrit (il y a eu, quand même, dans les six émissions, 170 000 personnes qui les ont vu) en dessous de France, d’Italie, d’Australie, de partout : les gens aiment Israël. Ce sont les dirigeants wokistes qui mènent cette propagande. Mais le peuple n’est pas antisémite. Les occidentaux ne sont pas antisémites, ils ne sont pas anti-Israël.

Il y a une propagande comme ça musulmane qui est gérée par la peur. Moi j’ai lu dans les journaux hier ou avant-hier qu’un certain musulman qui s’appelle Radouane — je ne sais quoi — a officiellement décidé que la Belgique, à partir de maintenant, était un État islamiste. C’est fini, elle ne s’appelle plus la Belgique, il faut changer de drapeau, maintenant c’est un État islamiste. Point final. Et il a ajouté : « Nous allons faire cela graduellement pour ne pas choquer les habitants, mais nous sommes sur la voie d’un État islamiste ». Est-ce que tu trouves normal que la Belgique soit devenue un État islamiste ? Ce n’est pas possible ça.

Mais ce n’est pas la même culture, ça n’a rien à voir. La culture de l’Europe est brillantissime. L’art, la musique classique, c’est génial. Qu’est-ce que les musulmans vont apporter en Europe ? Rien. Des populations qui envahissent les banlieues, qui cassent tout le 31 décembre ou le 1er janvier. Ils sortent sur les Champs-Élysées, ils cassent tout. Qu’est-ce que les musulmans — en quoi contribuent-ils à l’essor de l’Occident ? La civilisation occidentale est brillante, elle est remarquable. On ne peut pas comprendre pourquoi tout l’Occident refuse son identité. Ce n’est pas possible, c’est par la peur, c’est par quoi ? Et pourquoi ils les ont reçus d’abord ? Pourquoi est-ce que le Royaume-Uni — moi j’adore l’Angleterre aussi — pourquoi l’Angleterre qui est un pays plein d’humour, d’intelligence, avec Oxford, Cambridge, des savants, des acteurs, des gens très bien — pourquoi est-ce que l’Angleterre a reçu tous ces musulmans, tous ces Pakistanais, tous ces gens-là qui sont maintenant des gangs, qui attaquent les femmes, qui violent les femmes dans les rues de Londres, et il n’y a aucune sécurité à Londres ?

J’ai des tas d’amis à Londres, c’est très dangereux. Pourquoi ? La question que je me pose moi : pourquoi ? C’est pourquoi l’Occident accepte ça ? Voilà, c’est ça la question.

 

Giancarlo Calciolari   La question est ouverte et on ne va pas la refermer là.

 

Nadine Shenkar   Mais non, d’après toi — moi j’ai une question pour toi — est-ce que tu penses que les pays européens vont se révolter et chasser un peu tous ces millions de musulmans chez eux ?

 

Giancarlo Calciolari   Non, pas dans cette phase-là, pas dans cette phase encore. Il y a deux choses : l’une est mercenaire. Au commencement, toute cette immigration gagne moins de la moitié des autochtones. Il y a ça aussi. Et donc, on achète la paix et ça c’est le rêve de l’oligarchie — disons industrielle, financière et tout ça. Et l’autre c’est ce qu’on a dit : c’est pour la peur qu’on admet ça. En plus, la gestion de la peur fait que le business des guerres, des armes et tout ça, ça continue à la grande. On ne comprend jamais pourquoi.

Pourquoi la planète ne peut pas vivre tranquillement ? Ce n’est pas la question.

Plus sobrement, je me suis demandé à certains moments pourquoi l’Empire romain est devenu chrétien, la donation de Constantin et tout ça. L’oligarchie — n’importe quelle oligarchie — se fonde sur le rêve antisémite, et parmi mille oligarchies, c’est la juive à être visée comme bouc émissaire. Oui, mais aussi les oligarchies — qui n’ont pas de couleur, on les analyse comme des oligarchies — elles ont la trouille, la peur des soulèvements. Pas du peuple, pas de la classe ouvrière, pas de la glèbe, pas des dalits, les hors caste indiens.

Non, ils ont la trouille de la citoyenneté planétaire. Parce qu’elle ne s’incarne pas dans un sujet. Elle n’a pas de visage. Chacun craint l'embuscade de l'autre.  Est-ce que c’est ça le soulèvement de soumis ? Les insoumis sont dans le soulagement.

 En islam, « musulman » veut dire « soumis ». Oui, ils sont soumis à la loi de Dieu, c’est-à-dire à son vicaire en Terre, avec son oligarchie, sa bureaucratie et apparentés.   Et les occidentaux, ils ont créé — et là c’est le problème dans la pensée — ils ont créé le mot « sujet », qui me semble la même chose. Le sujet est soumis, donc il y a aussi ça. Et alors, qu’est-ce qu’ils pensent ? Il y a eu le mouvement qui s’est développé, de masse, des chrétiens : c’était l’hypothèse chrétienne, l’hypothèse qui pouvait renverser certains empereurs dans l’Empire romain, et ils ont pris la religion, elle est devenue religion d’État. Ils ont neutralisé la chrétienté.

Après, ça ne marche pas tout seul : après on se trouve avec l’Empire et les papes et tout ça, mais il y a quelque chose de ça, c’est-à-dire les oligarchies — dans ce cas-là les européennes, parce que les autres sont énormes : l’islamique, la Chine, la Russie, l’Inde, des énormités, même l’Amérique dite du Sud et tout ça. Or, c’est la peur de cela qui fait qu’on accepte la soumission.

Le cas de l’Italie : une énorme culture catholique, elle a laissé se développer l’insoumission jusqu’au compromis qui est arrivé par peur du mouvement communiste planétaire, la Russie…

Les communistes italiens — on ne peut plus les appeler communistes parce que le Parti Communiste n’existe plus, ça c’est sur la carte commune. Les communistes italiens qui sont encore le 40 % de l’Italie, et qui ont l’intellectualité et la magistrature en main, ils croient d’être propriétaires des autres. Leurs sentences sont définitives.  C’est un fantasme de maîtrise parmi les autres.

 

Nadine Shenkar   Oui, j’ai lu les livres de Ferdinando Cionti. Il a écrit des tas de livres sur la magistrature et les scandales.

 

Giancarlo Calciolari   Non, je ne l’ai pas lu encore Ferdinando Cionti !

 

Nadine Shenkar   Mais oui, il venait chez Verdiglione tous les ans. Regarde les livres de Ferdinando Cionti. Il a écrit des livres, et c’est un magistrat. Oui, Ferdinando Cionti c’est un ami à moi. Il a écrit des livres justement sur ce problème. Mais tu sais, je vais te dire une chose qui m’étonne. Par exemple, des pays musulmans, un million de juifs a été chassés. Mais les chrétiens aussi ont été chassés. Moi, j’ai des amis à Bethléem. Depuis qu’Arafat est monté au pouvoir jusqu’à aujourd’hui, où il y a Abbas, Bethléem s’est vidée du monde chrétien.

Il ne reste presque plus de chrétiens. Au Liban, qui était un pays catholique, chrétien, c’est fini maintenant. Ce sont le Hezbollah et les musulmans qui sont là-bas les rois. C’est-à-dire, dans tous les pays où les musulmans sont, ils chassent les gens qui ne sont pas eux. Et tu connais très bien l’anthropologue, Claude Lévi-Strauss. Il a écrit une chose très simple. Il a dit : le problème des musulmans, c’est qu’ils ont tellement de complexes, tellement de complexes d’infériorité, qu’ils se consolent avec l’horreur de l’altérité. Les musulmans détestent ce qui n’est pas eux. Tout ce qui n’est pas musulman est tabou.

Et ils sont en train de vider la Syrie, le Liban — tous les pays musulmans, sont en train de les vider des chrétiens. Et pourtant l’Occident ne se révolte pas. Au lieu de s’occuper d’Israël, il ferait bien mieux de s’occuper de sauver les chrétiens en pays musulmans. C’est un scandale. Les musulmans ne supportent ni les juifs ni les chrétiens parmi eux. Voilà, c’est ça. Il faut que tout le monde soit musulman. Nous avons un problème ici qui est très sérieux.

 

Giancarlo Calciolari   Oui. Donc on se laisse sur cette question ouverte. Merci beaucoup Nadine Shenkar.

 

Nadine Shenkar   Oui, question ouverte. Absolument.

Merci Giancarlo. En tant qu’ami, merci beaucoup. Un plaisir de te rencontrer à chaque fois.

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Intervista con Nadine Shenkar

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Entretien avec Gérard Haddad